« Les oiseaux de Christophe Colomb » une manière de roman qui pourrait être un conte moderne. Les contes ont toujours quelque chose de magique, ils n’hésitent pas à nous entrainer vers le surnaturel tout en conservant une charge profondément morale. Adrien Goetz va détourner le genre, avec l’intelligence qu’on lui connaît, en remplaçant le surnaturel par la culture et le plaisir qu’elle peut nous procurer.
Alina son héroïne est une enfant rêveuse qui peut se retirer au plus profond d’elle même et voyager dans son imagination. Oui, Alina est une voyageuse intérieure Reste que notre héroïne est un peu perturbée car elle a perdu ses repères en arrivant en France. Alina est en effet espagnole et sa famille l’a envoyée à Paris pour parfaire son français. A treize ans ce n’est pas si facile de quitter sa famille mais, dans son malheur, Alina a aussi de la chance car elle vit dans le quartier de la tour Eiffel. Habiter près de la vieille dame de fer peut initier bien des rêveries. Et puis à l’école on lui parle de Christophe Colomb, un voyageur comme elle … Christophe comme Cristobal, ce beau prénom espagnol que porte son meilleur ami qui est resté au pays.
Alina connaît la véritable histoire du découvreur de l’Amérique grâce à son père qui lui a raconté tous les détails de son incroyable aventure et ce n’est pas exactement le même récit qu’en France… Et puis Alina dans sa volonté d’en savoir plus sur Colomb va, sur les conseils, de son oncle, faire la découverte du musée du quai Branly. Sa quête se transforme alors en une incroyable découverte des civilisations asiatique, océanienne, africaine et américaine à travers les représentations artistiques de ces continents. Mais, quand elle arrive devant la vitrine du peuple Taïnos, qui fut celui que rencontra Colomb quand il arriva en Amérique, cette dernière est totalement vide….
Adrien Goetz, en homme de culture, nous propose une fable très réussie sur la découverte de ce lieu exceptionnel qu’est le musée du quai Branly. La pérégrination d’Alina est magnifiquement servie par le style à la fois limpide et didactique de l’écrivain qui nous offre un roman d’une grande fraicheur narrative. « Les oiseaux de Christophe Colomb » constitue à la fois un excellent moment de littérature et une ouverture passionnante sur un lieu qui recèle les trésors d’une humanité perdue.
Archibald PLOOM (culture-chronique.com)


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire