dimanche 28 août 2016

JUSTICE de Michael J. SANDEL



Un ouvrage de philosophie qui se vend à plus de 3 millions d’exemplaires ce n’est plus un phénomène de librairie mais de société. Michael J Sandel est certes une célébrité aux Etats Unis, professeur de philosophie politique à Harvard,  ses cours sont extrêmement populaires et ses interventions médiatiques  toujours suivies par des millions de téléspectateurs. Sandel est un pédagogue né qui explique des notions et des concepts compliqués en les rendant limpides.  “Justice”  reprend une idée simple qui constitue l’axe centrale de sa réflexion : une société qui ne s’interroge pas sur les fins qu’elle poursuit ne peut perdurer longtemps en tant que société.  La boussole qu’utilise Sandel pour s’orienter au coeur de nos sociétés complexes est avant tout éthique.  Les questions qu’ils posent ne concernent pas seulement la façon dont les individus devraient se comporter les uns envers les autres; elles interrogent la nature même de la loi et l’organisation de la société.  Ce sont des questions de justice.  Et pour y répondre, il faut d’abord examiner ce que “Justice” veut dire.
   C’est donc à cette tache que s’attèle le philosophe partout toujours d’exemples très concrets pour développer sa réflexion.  Il reprend aussi les grands concepts de la philosophie occidentale autour de cette notion de Justice.  Ainsi pour Emmanuel Kant  une loi est juste si elle est telle que le public, pris comme un tout, a pu y consentir.  De son côté le philosophe américain John Rawls (1921-2002)  montre dans sa “Théorie de la justice”  que, pour penser ce qu’est la justice, il faut identifier les principes auxquels nous consentirions si nous nous trouvions dans une position initiale d’égalité.  Nous aurions certainement du mal à nous entendre mais nous pourrions sans doute parvenir à un compromis.  Pour Rawls le contrat social serait donc un accord hypothétique conclu par des individus placés dans une position originelle d’égalité. Il ne présuppose pas que, dans la vie réelle nous sommes tous animés par des intérêts égoïstes.  A ce titre Sandel va examiner toutes les limites des contrats sociaux et imagine une politique du bien commun en partant de la question antique : qu’est ce que la vie bonne?   A qui pourrait ressembler une politique nouvelle du bien commun?  Les pistes que nous propose le philosophe sont à la fois passionnantes et concrètes, redonnant à chacun la possibilité d’évaluer les options qui s’offrent à l’humanité dans les années à venir.  Une manière enthousiasmante et dynamique de mettre la philosophie au service du réel.
Archibald PLOOM (culture-chronique.com)

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