Un
ouvrage de philosophie qui se vend à plus de 3 millions d’exemplaires ce n’est
plus un phénomène de librairie mais de société. Michael J Sandel est certes une
célébrité aux Etats Unis, professeur de philosophie politique à Harvard, ses cours sont extrêmement populaires et ses
interventions médiatiques toujours
suivies par des millions de téléspectateurs. Sandel est un pédagogue né qui
explique des notions et des concepts compliqués en les rendant limpides. “Justice”
reprend une idée simple qui constitue l’axe centrale de sa réflexion :
une société qui ne s’interroge pas sur les fins qu’elle poursuit ne peut
perdurer longtemps en tant que société.
La boussole qu’utilise Sandel pour s’orienter au coeur de nos sociétés
complexes est avant tout éthique. Les
questions qu’ils posent ne concernent pas seulement la façon dont les individus
devraient se comporter les uns envers les autres; elles interrogent la nature
même de la loi et l’organisation de la société.
Ce sont des questions de justice.
Et pour y répondre, il faut d’abord examiner ce que “Justice” veut dire.
C’est donc à cette tache que s’attèle le
philosophe partout toujours d’exemples très concrets pour développer sa
réflexion. Il reprend aussi les grands
concepts de la philosophie occidentale autour de cette notion de Justice. Ainsi pour Emmanuel Kant une loi est juste si elle est telle que le
public, pris comme un tout, a pu y consentir.
De son côté le philosophe américain John Rawls (1921-2002) montre dans sa “Théorie de la justice” que, pour penser ce qu’est la justice, il
faut identifier les principes auxquels nous consentirions si nous nous
trouvions dans une position initiale d’égalité.
Nous aurions certainement du mal à nous entendre mais nous pourrions
sans doute parvenir à un compromis. Pour
Rawls le contrat social serait donc un accord hypothétique conclu par des
individus placés dans une position originelle d’égalité. Il ne présuppose pas
que, dans la vie réelle nous sommes tous animés par des intérêts égoïstes. A ce titre Sandel va examiner toutes les
limites des contrats sociaux et imagine une politique du bien commun en partant
de la question antique : qu’est ce que la vie bonne? A qui pourrait ressembler une politique
nouvelle du bien commun? Les pistes que
nous propose le philosophe sont à la fois passionnantes et concrètes, redonnant
à chacun la possibilité d’évaluer les options qui s’offrent à l’humanité dans
les années à venir. Une manière
enthousiasmante et dynamique de mettre la philosophie au service du réel.
Archibald PLOOM (culture-chronique.com)

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