Quand un président du conseil d’Etat décède dans sa soixante huitième année à Marseille c’est tous les représentants de la Nation qui viennent lui rendre hommage. Même le président de la République a fait le déplacement. La cérémonie se déroule de manière la plus classique quand le crématorium explose.
De son côté le commissaire Vincent Erno a emménagé avec Claire depuis cinq mois à Plassans – on appréciera la référence à Zola -, dans un petit village aux confins du Var et des Bouches du Rhône et c’est à lui que va revenir cette enquête brûlante dont il va rapidement découvrir qu’elle intéresse d’autres, des individus peu recommandables et beaucoup moins officiels que lui.
Erno va devoir composer avec une concurrence pour qui la vie humaine – la sienne en particulier – ne vaut pas tripette. Les enjeux qui se nouent dans l’arrière cour de cette affaire trouvent leurs ramifications dans des profondeurs où la police n’intervient jamais. Erno va devoir affronter des puissances qui le dépassent. Le commissaire ne va pas tarder à devenir une bête traquée et tomber entre les mains de tortionnaires sadiques et méthodiques mais il fait partie des hommes avec lesquels la plus petite erreur peut coûter très cher.
Sur fond de conflit au Proche Orient, d’intérêts occultes et d’alliances souterraines Philippe Paternolli nous livre un polar qui flirte avec le roman d’espionnage. S’il était pilote de F1 notre écrivain arriverait avec un moteur en fusion car il a, pour le moins, des semelles de plomb. Notre homme ne connaît que l’accélérateur et se moque comme d’une guigne de la pédale de frein. Son récit est aussi décapant que rapide, les circonstances s’enchaînent sur un rythme qui ne laisse pas le temps de poser le livre. « Carré noir sur fond noir » se lit d’une traite et vous permet de réviser vos classiques de la peinture que l’auteur fait surgir avec beaucoup d’à propos au fil du récit; le titre lui même constituant à lui seul un joli clin d’œil à l’art pictural contemporain. Cinquième roman Paternolli , « Carré noir sur fond noir » est l’une des bonnes surprises de la rentrée littéraire dans la catégorie « Polars ».
Archibald PLOOM (culture-chronique.com)


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