Philippe d’Orléans était le frère du
roi Soleil et on l’appelait “Monsieur”. Pour le reste il fut l’une des
personnalité les plus controversée de son époque. Il faut dire que
Philippe cultivait sa différence avec ostentation
et qu’il ne cachait pas son homosexualité au sein d’une cour de Versailles où
les dévots pulullaient. Elisabetta Lurgo
nous propose un portrait de cette personnalité hors norme, débarassé des
pesants oripeaux que l’Histoire lui a
imposés.
Alors que Versailles est visité par des milliers de touristes chaque
année, le château de Saint-Cloud son chef d’oeuvre à lui, que “Monsieur” aimait
à la folie et que la plus grande partie de la noblesse préférait au palais du
roi, est détruit à jamais : incendié en 1870 et rasé en 1892. Beaucoup de ce qui fit sa fortune - objets d’art, pierreries, tableaux, bijoux
– ont été disséminés par ses héritiers pour en tirer quelques profits. Il ne
reste comme témoignage de Philippe que le grand canal d’Orléans qu’il projeta et finança sur ses deniers. Ce grand collectionneur semble avoir été
effacé de l’histoire, même son corps enterré
dans la crypte de Saint Denis sera profané en 1793 et jeté dans la fosse
commune.
Tout semble hostile à ce personnage haut en couleur : ses femmes d’abord
qui n’auront de cesse de le discréditer, les écrivains souvent implacables tels
que Madame de Lafayette ou encore Saint Simon, ses proches aussi qui trempaient
leur plume dans le fiel et enfin l’absence de l’intéressé lui même , fort
bavard de son vivant mais muet devant l’Histoire.
Elisabetta Lurgo, dans cette biographie de près de 400 pages, nous permet
de découvrir la personnalité réelle d’un homme qui vécut dans l’ombre de son
frère mais qui parvint à imposer sa différence. Il était temps d’entendre à nouveau cette
voix oubliée.


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