Autant le Duc de Saint-Simon, célèbre
mémorialiste du règne de Louis XIV était tourné vers un passé glorieux autant
son descendant Claude-Henri de Rouvroy,
comte de Saint-Simon qui vécut de 1765 à
1825, était tout entier tourné vers l’avenir.
La réédition de l’ouvrage de référence de Sébastien Charlety “Histoire
du Saint-Simonisme” permettra à tous les lecteurs désireux de découvrir la
pensée fulgurante et novatrice d’un homme dont l’oeuvre ne fut vraiment
découverte qu’après sa disparition. Pour
lui la politique est la science de la production, c’est-à-dire la science qui a
pour objet l’ordre des choses les plus favorables à tous les genres de la
production. Si le corps social est constitué par la nation travaillante, l’Etat
réside dans la force invisible de ceux qui produisent des richesses. Saint Simon voyait dans les ouvriers le gros
de la classe industrielle, ils étaient le centre de gravité de son système.
L’idée fondamentale de toutes les démarches
intellectuelles et matérielles des saint-simoniens est celle qu’ils prirent à
leur maître, la société ne peut subsister, si elle n’a pas une doctrine
générale qui assigne à tous ses membres un objet commun d’activité. “L’individu
ne vit que de la conscience obscure ou claire d’un idéal social. Il n’est fait
que pour servir cet idéal et le réaliser.”
Pour Saint Simon la vie individuelle n’est qu’une face de la vie sociale
et la société est une individualité psychologique, une réalité : l’individu
isolé est une abstraction, qui ne se conçoit pas.
Charléty voit le saint-simonisme comme le
père de toutes les écoles de réformateurs qui, au nom “de la classe la plus
nombreuse et la plus pauvre”, ont proposé la restauration d’une autorité
sociale chargée de répartir plus également la richesse entre les hommes.
Cette étude introuvable depuis des années et
rééditée par les éditions Perrin montre l’incroyable clairvoyance d’un penseur
qui percevait déjà le monde comme un réseau complexe. A découvrir absolument.


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